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FiscalitéPublié le 20 octobre 2026·7 min de lecture·Par L'équipe Alveo
Le régime des impatriés, appelé loi Beckham, permet à une personne qui s'installe en Espagne pour y travailler d'être imposée comme un non-résident pendant six ans. Si vous achetez votre logement à votre arrivée, ce choix change aussi l'imposition de ce bien.
Le régime s'adresse aux personnes qui deviennent résidentes fiscales en Espagne à la suite de leur installation et qui n'y ont pas été résidentes pendant les cinq années précédentes. Il couvre depuis 2023 :
Vous optez sur le modèle 149, dans les six mois qui suivent le début de votre activité en Espagne, après avoir déposé les justificatifs demandés (contrat, lettre de détachement, attestation de télétravail). L'administration fiscale vous remet sous dix jours ouvrables un document à transmettre à votre employeur pour la retenue à la source.
Le régime vaut pour l'année de votre installation et les cinq suivantes, soit six années au plus. Chaque année, vous déclarez vos revenus sur le modèle 151, pendant la campagne de l'impôt sur le revenu. Une fois que vous y avez renoncé ou que vous en êtes sorti, vous ne pouvez plus y revenir.
Vos revenus du travail sont imposés à 24 % jusqu'à 600 000 €, puis à 47 % au-delà, y compris la part payée depuis l'étranger. Vos dividendes, intérêts et plus-values relèvent d'un barème de 19 % à 30 %.
Vos autres revenus de source étrangère, comme les loyers d'un bien gardé dans votre pays, restent hors de l'impôt espagnol pendant toute la durée du régime.
Un bien que vous occupez sans le louer donne lieu à un revenu imputé : 2 % de la valeur cadastrale, ou 1,1 % si les valeurs de la commune ont été révisées. Depuis une décision du Tribunal Económico-Administrativo Central du 17 juillet 2025, l'administration applique cette règle même à la résidence principale d'un bénéficiaire du régime. Ce revenu est imposé à 24 %.
Exemple : un appartement d'une valeur cadastrale révisée de 200 000 € donne un revenu imputé de 2 200 €, soit 528 € d'impôt par an.
Un décret-loi du 6 octobre 2026 prévoit un barème progressif de 1,1 % à 3 % à partir de 2027. Le Congrès doit encore le valider.
Si vous louez le bien, le loyer est imposé à 24 %, en principe sur le montant brut. Le Tribunal Supremo examine la déduction des charges pour les bénéficiaires du régime.
À la revente, l'acheteur retient 3 % du prix au titre de votre impôt, et la plus-value relève du barème de 19 % à 30 %.
Pour l'impôt sur la fortune, un bénéficiaire du régime n'est imposé que sur ses biens situés en Espagne, avec le minimum exonéré de 700 000 € des non-résidents. Le crédit qui a financé votre logement se déduit de sa valeur.
L'administration fiscale indique que les bénéficiaires du régime n'ont pas à déposer le modelo 720, la déclaration des biens détenus à l'étranger. Un conjoint ou un enfant résident qui n'est pas dans le régime peut, lui, devoir la déposer.
L'Espagne vous considère comme résident si vous y passez plus de 183 jours dans l'année civile, si le centre de vos intérêts économiques s'y trouve, ou si votre conjoint et vos enfants mineurs y vivent. La résidence s'apprécie pour l'année entière : l'Espagne ne découpe pas l'année de votre arrivée.
Pour le régime, la première année est celle où votre présence en Espagne dépasse 183 jours après votre installation.
L'Espagne impose les plus-values latentes sur actions et parts d'une personne qui part après au moins dix ans de résidence sur les quinze dernières années, si ces titres valent plus de 4 000 000 €. Les années passées sous le régime des impatriés ne comptent pas dans ces dix ans.
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